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Marc Ducret in Toulouse Dec. 8th-9th

October 7th, 2011

Journées d’Etude “Jazz en écritures”, avec Marc Ducret

du 8 décembre 2011 au 9 décembre 2011

Jeudi 8 décembre : 15h00-18h00
Vendredi 9 décembre : 9h00-12h00

Organisées par l’Institut IRPALL. Axe 1 : Discours et croisements artistiques.
Marc Ducret

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les liens étroits rapprochant jazz et littérature n’ont fait que se resserrer, en des échanges inter-artistiques féconds.

La problématique “écrire le jazz / écrire jazz” interroge le processus dynamique même d’être “en écriture”, la littérature s’inspirant du jazz ou inspirant le jazzman, et vice-versa.

Prolongement de la résidence jazz de l’Université de Toulouse II-Le Mirail octroyée au guitariste Marc DUCRET, ces journées d’étude permettent de croiser, dans la perspective interdisciplinaire ouverte par l’Institut IRPALL, les réflexions de chercheurs (littérature et musicologie) avec celles du créateur.

Responsables scientifiques :
Nathalie VINCENT-ARNAUD, Ludovic FLORIN

Contact :
Christine CALVET, Institut IRPALL
christine.calvet@univ-tlse2.fr
Lieu(x) :
La Fabrique, salle de diffusion
Département de Musique, salle 374B
Partenaires :

Renseignements pratiques :
Institut de Recherche Pluridisciplinaire en Arts, Lettres et Langues

Institut de Recherche Pluridisciplinaire en Arts, Lettres et Langues :
Responsable scientifique de la manifestation : Ludovic Florin
Responsable administrative : Christine Calvet (christine.calvet@univ-tlse2.fr)
Secrétariat : Barbara Valèze-Barrio (secretariat.irpall@univ-tlse2.fr)

AXE 1 : DISCOURS ET CROISEMENTS ARTISTIQUES

Programme Journées d’Étude “Jazz en écritures” avec Marc Ducret
8 et 9 décembre 2011

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les liens étroits rapprochant jazz et littérature
n’ont fait que se resserrer, en des échanges inter-artistiques féconds. La problématique “écrire le
jazz / écrire jazz” interroge le processus dynamique même d’être “en écriture”, la littérature
s’inspirant du jazz ou inspirant le jazzman, et vice versa. Prolongement de la résidence jazz de
l’Université Toulouse II–Le Mirail octroyée au guitariste Marc Ducret, ces journées d’étude permettent
de croiser, dans la perspective interdisciplinaire ouverte par l’Institut IRPALL, les réflexions de
chercheurs (littérature et musicologie) avec celles du créateur.

Jeudi 8 décembre 2011 – La Fabrique culturelle, Salle de diffusion

12h45 : Concert de fin de résidence des étudiants du Département de Musique
(La Fabrique culturelle – La Scène)

15h : Accueil
Président de séance : Michel LEHMANN (Université Toulouse II-Le Mirail)
15h15-15h45 : Pierre FARGETON (Docteur en musicologie, Saint-Étienne)
First she let her hair fall : André Hodeir, de Joyce au jazz et du jazz à Joyce
15h45-16h : Discussion

16h-16h30 : Marc DUCRET (Artiste musicien)
“TOWER”, une tentative de transposition
16h30-16h45 : Discussion

16h45 : Pause
17h-17h30 : René ALLADAYE (Université Toulouse II-Le Mirail)
“A contrapuntal theme” – Voix contre voix. Qui écrit qui dans Pale Fire de Vladimir Nabokov ?
17h30-18h : Discussion

******

Vendredi 9 décembre 2011 – Département de musique, salle 374B

9h : Accueil
Président de séance : Nathalie VINCENT-ARNAUD (Université Toulouse II-Le Mirail)
9h15-9h45 : Nathalie AVIGNON (Université Toulouse II-Le Mirail)
Visages et contours du jazz dans Body and Soul de Frank Conroy
9h45-10h : Discussion

10h-10h30 : Yannick SÉITÉ (Université Diderot Paris VII)
Une jazz poetry à la française est-elle possible? Ébauche de typologie et embryon d’anthologie
10h30-10h45 : Discussion

10h45 : Pause

11h-11h30/45 : Table ronde animée par Ludovic FLORIN (Université Toulouse II-Le Mirail)

12h45 : Concert du quintet franco-danois de Marc Ducret
(La Fabrique culturelle – La Scène)

RESUMES DES COMMUNICATIONS

René ALLADAYE (Université Toulouse II-Le Mirail)
“A contrapuntal theme” – Voix contre voix. Qui écrit qui
dans Pale Fire de Vladimir Nabokov ?

Cette communication se propose de reprendre une
question qui a beaucoup occupé la critique nabokovienne :
qui est l’auteur de Pale Fire ? On pourrait naturellement
répondre Vladimir Nabokov – réponse forcément juste – et
s’en tenir là. Mais ce serait méconnaître la complexité du
roman et renoncer à l’un des plaisirs que procure sa lecture.
Face à ce roman qui consiste en un poème de 999 vers
accompagné de son commentaire linéaire, on peut en effet
s’interroger pour savoir si, des deux voix que nous fait
entendre le livre (celle du poète, John Shade, et celle du
commentateur, Charles Kinbote) l’une domine l’autre et, si tel
est le cas, laquelle.
Cette question a donné lieu depuis près d’un demisiècle
à quelques débats parfois intenses, et à une série
d’hypothèses dont j’aimerais effectuer une lecture critique.
Comment un roman qui pourrait s’apparenter à une fugue à
(au moins) deux voix, a engendré une symphonie critique :
voilà ce que je m’efforcerai de montrer afin d’ouvrir la voie à
une nouvelle lecture du problème.

Nathalie AVIGNON (Université Toulouse II-Le Mirail)
Visages et contours du jazz dans Body and Soul de Frank
Conroy

Unique roman de son auteur, Body and Soul retrace,
dans le New York en mutation des années 1940, le destin
d’un jeune pianiste prodige, dont on suivra le parcours depuis
son enfance misérable et solitaire jusqu’à sa consécration sur
la scène du Carnegie Hall. Si Claude Rawlings est avant tout
un interprète et compositeur de musique dite savante,
marqué par l’héritage européen, le jazz n’en joue pas moins
dans le roman un rôle déterminant, dont nous tenterons
d’analyser les multiples facettes.
Les thèmes et motifs spécifiques traditionnellement
associés au jazz par la littérature se trouvent mis en
perspective, pièces d’un puzzle de grande ampleur. A cela, la
musique ajoute sa réalité sémiotique propre, dont la
présence innerve le roman tant dans le rythme de la prose
que dans la transcription du fait musical lui-même, à laquelle
l’auteur, pianiste de jazz émérite, s’est confronté sans fauxsemblants.
En filigrane, c’est alors la place tenue par le jazz
dans la construction d’une identité particulière au musicien
américain qui est ainsi interrogée, puisque l’idée de proposer
un équivalent national aux grands romans européens de
formation de l’artiste n’est sans doute pas la moindre
ambition de Frank Conroy.

Marc DUCRET (Artiste musicien)
“TOWER”, une tentative de transposition

Ce projet est une tentative de transposition musicale
d’un court chapitre tiré du roman “Ada”, de Vladimir
Nabokov, dans lequel l’écriture dessine un labyrinthe
complexe fait de miroirs, de retours et de correspondances
qui finit par engendrer une forme fixe dans sa réalisation,
mais ouverte sur les autres livres, les émotions et les
préoccupations permanentes de l’auteur.
Pour “transcrire” ce processus, il fallait utiliser des
moyens strictement musicaux, sans avoir recours à des
extraits du livre ou à des citations littéraires ; j’ai donc choisi
de confier de la musique à trois orchestres différents, en
suivant assez fidèlement le dessin du chapitre en question.
Le premier groupe, “Real Thing #1”, est un quintette
franco-danois composé de Kasper Tranberg (trompette),
Matthias Mahler (trombone), Frédéric Gastard (saxophone
basse), Peter Bruun (batterie) et moi-même à la guitare.
Le second, “Real Thing #2”, est un quartette francoaméricain
qui comprend Dominique Pifarély (violon), Tim
Berne (sax alto), Tom Rainey (batterie) et moi-même.
Quoique chacun de ces deux groupes joue une moitié du
répertoire, les allers-retours thématiques et les variations et
réminiscences qui courent à travers tout le projet
resurgissent d’un groupe à l’autre, rendant tel ou tel passage
familier ou lui conférant cette impression de “déjà entendu”
qui relie entre eux des morceaux pourtant bien différenciés.
Quant au troisième orchestre, “Real Thing #3”, il est
composé d’un piano (Antonin Rayon), d’un percussioniste
(Sylvain Lemetre), de trois trombones (Matthias Mahler,
Christiane Bopp et Alexis Persigan), et de moi-même à la
guitare.
Contrairement aux deux autres qui jouent le
“répertoire” proprement dit écrit pour ce projet : – “Sur
l’électricité”, “Real thing #1,2 et 3” et “Softly her tower
crumbled in the sweet silent sun” – , ce troisième ensemble
ne joue que des “commentaires” sur la musique déjà jouée,
que ce soit sous forme de ré-écriture de fragments, de
développements d’extraits ou de motifs qui donnent à la
musique des deux autres groupes un éclairage nouveau,
livrant quelquefois la clé d’un thème entendu auparavant
sous une forme radicalement différente ; néanmoins il s’agit
d’un orchestre à part entière, dont le “répertoire” fonctionne
également sans référence aux deux autres formations.

Pierre FARGETON (Docteur en musicologie, Saint-Étienne)
First she let her hair fall : André Hodeir, de Joyce au jazz et
du jazz à Joyce

Les rapports d’André Hodeir avec la littérature
donnent souvent des indications assez symboliquement
significatives de son parcours singulier. Pour borne initiale : le
goût de l’enfant de dix ans, déscolarisé, qui fuit ses exercices
de violon pour se réfugier dans les romans de Dumas. Pour
borne ultime : sa “dévoration par la littérature” (selon le mot
de Christian Tarting) lorsqu’il cesse la musique pour devenir
écrivain, dès 1983 et son roman Play back. Entre les deux,
l’éclatant diptyque sur le Finnegans Wake de Joyce : avec
Anna Livia Plurabelle (1966) et Bitter Ending (1972), Hodeir
fait aboutir l’une des plus étonnantes rencontres entre le jazz
et le texte littéraire. Une rencontre qui confronte de fait le
jazz à des questions pas forcément familières (le rapport
musique-texte, la conception renouvelée d’une vocalité
jusqu’alors cantonnée au thème ou au scat chorus, la “grande
forme”…), questions qui seront soulevées et évoquées à la
lumière des partitions.

Yannick SÉITÉ (Université Diderot Paris VII)
Une jazz poetry à la française est-elle possible? Ébauche de
typologie et embryon d’anthologie

Il va s’agir de vérifier l’existence (à moins que ce ne
soit l’inexistence) de ce genre impossible de la jazz poetry
dans le domaine francophone. On proposera une typologie
des diverses pratiques musico-littéraires engagées par cette
expression ; on s’astreindra à illustrer chacun des types
dégagés par quelques exemples rares, oubliés ou célèbres,
produits entre 1917 et 2010.

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